En reprise : La bipolarité absolue des sexes est un mythe

28 03 2009

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J’ai décide repasser ce billet car il est encore d’actualité!

La bipolarité absolue des sexes est un mythe.

Je me lance. J’ai décidé de parler de ces gens dont on ne parle jamais, qu’on fait semblant de ne pas voir, dont on ne mentionne jamais l’existence, soit les transsexuels, transgenres et intersexué(e)s.

Saviez-vous qu’il y a des gens qui simultanément ont une partie, voire la totalité, des caractères sexuels physiques mâles et femelles et/ou simultanément ou périodiquement l’esprit des deux sexes? Ce sont les intersexués. Trop de gens n’en ont jamais entendu parler. Nous n’avons même pas de pronom en français pour les désigner… comme s’ils n’existaient pas. «Néanmoins, on estime qu’au moins un enfant sur 2 000, ce qui fait 5 enfants par jour aux É.-U., est visiblement intersexué à sa naissance, provoquant une prise en charge médicale immédiate. Mais, cela n’est que la pointe de l’iceberg. Beaucoup plus de personnes découvrent qu’ils sont intersexuées à l’adolescence ou même plus tard. » Combien de ces enfants se font charcuter chirurgicalement à la naissance? Pourquoi les parents sont-ils soumis à de telles pressions pour «assigner» un sexe à un enfant dont on ne sait encore presque rien et qui n’a aucune possibilité de s’exprimer? Ces chirurgies hâtives sont d’autant plus regrettables que l’intersexualité est une RÉALITÉ MOUVANTE qui peut encore évoluer après la naissance, notamment à la puberté. Mais «on» préfère faire comme si le genre était nécessairement quelque chose de bipolaire et non un continuum.

Je devine que trop souvent, ils se font regarder comme des bêtes curieuses et poser toutes sortes de questions stupides. Ils ou elles se retrouvent trop souvent à la rue. Trop souvent, ils sont victimes de violences parce que le simple fait qu’ils ou elles existent dérange les caves qui voient la vie en noir et blanc et n’ont pas de place dans leur petite tête pour ce qui est nuancé ou ambigu.

Il y a aussi ces personnes qui ont un corps d’un sexe mais la psyché ou la personnalité de l’autre sexe : les transsexuels et transgenres. On les prend pour des désaxés alors qu’ils/elles essaient simplement d’être eux-mêmes. Certains se contentent de s’habiller selon le sexe qui les habite intérieurement. D’autres subissent de longues et lourdes chirurgies (ce n’est pas une chose qu’on fait à la légère) pour faire coïncider l’extérieur et l’intérieur. Ils/elles ne sont pas nécessairement homosexuel(le)s même si certains ou certaines ont l’air androgynes.

Ces orientations sont comme tout le monde si on accepte les critères arbitraires de la société. Pour les intersexués cette question a encore moins de sens. Nous sommes tellement habitués à cette idée reçue qu’il n’y a que deux sexes que si nous essayons de remettre en question ce dogme nous devons bousculer un grand nombre d’autres principes.
En raison de ces principes, la société n’a pas intérêt à accepter la réalité de l’intersexuation. Depuis des millénaires cette réalité de l’intersexuation est cachée. La société a peur de cette réalité naturelle. En effet cela remet en cause la bi-polarité des sexes sur laquelle est basée la société comme le mariage, l’identification des individus, les orientations sexuelles qui ne se classent que par rapport aux deux sexes officiels. En effet, que peut signifier l’homosexualité, la bisexualité ou l’hétérosexualité pour une personne qui dispose à la fois de caractères morphologiques masculins et féminins?

Pourquoi ne pas simplement apprendre à connaître la personne avant de juger? TOUT LE MONDE A BESOIN D’AMOUR.

Liens d’information et témoignages

(à suivre)





Harper, ou la démolition systématique de mes valeurs

18 03 2009
  1. Un ministre de la Science et de la Technologie créationniste. Il s’appelle Goodyear : ça ne s’invente pas!
  2. L’abolition de l’équité salariale est incluse dans le budget et, vu la crise économique, les partis d’opposition porteront l’odieux s’ils votent contre.
  3. La réduction de 40% du budget de la Commission d’examen des plaintes du public contre la GRC. Cet organisme déjà quasi édenté sera désormais aussi éborgné. Pourtant, la GRC a de gros problèmes : plusieurs cas d’agents descendus par des forcenés, utilisation abusive du Taser, cadres qui se servent dans la caisse de retraite… mais Harper a la solution : faire taire un organisme qui dérange
  4. Le pire ministre des Affaires étrangères que le Canada ait jamais eu : Maxime Bernier
  5. Obstruction systématique d’Ottawa à la communication de la preuve dans les cas d’erreurs judiciaires
  6. Laisser les ressortissants canadiens être torturés et exécutés à l’étranger, les laisser croupir en prison
  7. Une succession de ministres du Patrimoine pitoyables par leur ignorance vis-à-vis du Québec

Je vais venir ajouter d’autres horreurs. Vous pouvez aussi en suggérer dans les commentaires





L’homosexualité n’a pas de frontières

17 03 2009

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L’homosexualité n’a pas de frontières

Lancement de la campagne 2009
de la Journée internationale contre l’homophobie

Cette campagne est l’affaire de tous et toutes


Montréal, 3 mars 2009 – En prévision de la Journée internationale contre l’homophobie qui se tient chaque année le 17 mai, la Fondation Émergence annonce la sortie de la campagne 2009 intitulée L’homosexualité n’a pas de frontières. Cette campagne vise à sensibiliser l’ensemble de la population, et particulièrement les communautés culturelles de toutes origines, aux réalités homosexuelles et à celles de la diversité sexuelle.

La Journée internationale contre l’homophobie est l’occasion de rappeler que l’homosexualité est un fait universel et que l’on ne peut pas lui imposer des frontières. Le thème L’homosexualité n’a pas de frontières attire ainsi l’attention sur le fait qu’il y a des personnes homosexuelles dans tous les pays. Ce qui diffère d’un pays à l’autre, c’est la place qu’on leur fait. Vivre dans une société égalitaire n’est pas un privilège réservé à tous les citoyens du monde.

La Fondation Émergence souhaite que cette campagne puisse rejoindre toutes les citoyennes et tous les citoyens intéressés par l’égalité de droit. « Notre société accueille annuellement un grand nombre de nouveaux arrivants. Force est de reconnaître que l’homosexualité peut susciter un malaise chez des personnes à qui l’on a enseigné que l’homosexualité est anormale, contre nature et contraire à certaines valeurs religieuses » a expliqué monsieur Laurent McCutcheon, président de la Fondation Émergence. « Nous voulons mettre à leur disposition de l’information sur les réalités homosexuelles au moyen d’une campagne qui fait la promotion de l’égalité de tous et toutes » a poursuivi le président, invitant du même coup tous les groupes à y participer.

L’affiche et le dépliant conçus pour cette campagne sont disponibles en français et en anglais. Les organisations qui souhaitent commander ce matériel peuvent l’obtenir gratuitement auprès de la Fondation Émergence. Pour de plus amples renseignements sur cette campagne et sur l’homophobie, voir : http://www.homophobie.org ou http://www.homophobiaday.org.

Créée sur l’initiative du centre d’aide, d’écoute téléphonique et de renseignements, la Fondation Émergence a pour mission de faire la lutte aux préjugés. La campagne 2009, lancée aujourd’hui, fait partie d’un plan d’action quinquennal de lutte contre l’homophobie.

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Renseignements :

Richard Rancourt, directeur des communications
Laurent McCutcheon, président, 514 522-7614
Fondation Émergence, 514 866-6788

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Un blogue intéressant sur l’homophobie : Beyond Homophobia





Si j’étais Daniel Leblanc, lauréat du prix Michener…

2 03 2009

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Voici un billet rédigé par papitibi

Daniel Leblanc et le Globe and Mail ont reçu le Prix Michener des mains de madame Adrienne Clarkson, gouverneure générale du Canada, le 14 avril 2005, pour action méritoire de journalisme d’intérêt public. Ce prix soulignait la qualité de l’enquête entreprise par Daniel Leblanc et sa série d’articles qui a permis de mettre à jour le scandale des commandites.

Le prix Michener, remis annuellement, n’a pas pour seul but de souligner l’excellence; il se distingue d’autres honneurs destinés aux médias, principalement par le  fait que l’accent est mis sur le service désintéressé au public, comme le souligne la Fondation Roland Michener.

http://www.michenerawards.ca/french/fwinaward2004.htm

Sans la collaboration de cette femme qui s’est adressée à lui sous le sobriquet de Ma chouette, jamais Daniel Leblanc n’aurait pu dévoiler les dessous de cette affaire.

Et si Daniel Leblanc n’avait pas pris envers elle l’engagement de préserver son anonymat, jamais le Globe and Mail n’aurait-il été en mesure de révéler toute l’étendue du scandale, et jamais n’aurait-il remporté le prix Michener pour son action méritoire , incarnée dans une série d’articles d’intérêt public. Autre manière de dire que, n’eut été de cet engagement moral qu’il a souscrit envers cette whistle blower qu’aura été Ma chouette, Daniel Leblanc n’aurait jamais eu accès aux informations révélées par sa source, et jamais n’aurait-il pu rendre au Canada tout entier, et a ses valeurs démocratiques, le fier service dont le prix Michener était la juste récompense…

Aujourd’hui, moins de quatre ans plus tard, Daniel Leblanc refuse de révéler l’identité de Ma chouette, et puisqu’il entend maintenir ce refus, il risque, à court terme, d’être condamné pour outrage au tribunal, ce pourquoi il est passible d’une peine d’emprisonnement. Mais il respectera son engagement.

Invité à Tout le monde en parle, Daniel Leblanc affirmait le 22 février (date de diffusion) 2009, en réponse à une question de Guy A. Lepage :

Mon problème avec tout ça, c’est que des gens parlent à des journalistes en sachant que le journaliste, un journaliste respectueux qui fait bien son travail – va tout faire pour protéger sa source. Si toutes mes conversations je les enregistrais et je disais aux gens « Écoute, tout ce que tu me dis, là, ça va être public et je peux l’écrire », les gens ne nous parleraient plus… … moi j’ai un fardeau sur mes épaules, en tant que journaliste, de protéger mes sources… et moi je trouverais ça inacceptable que cette relation-là, de confiance, qui est possible entre un journaliste et ses sources, soit brisée… et si on me pose des questions auxquelles je ne peux pas – dans ma conscience professionnelle – répondre, je n’y répondrai pas.

Daniel Leblanc a raison : à défaut de la protéger, la source va se tarir, et le quatrième pouvoir – une presse libre et agissante, risque fort de dépérir. Sans une presse capable de défier le pouvoir politique, c’est la démocratie qui est en péril. La presse DOIT informer. La presse DOIT dénoncer les abus du pouvoir politique et, s’il en est, les abus du pouvoir judiciaire. Et si j’étais à sa place, comme Daniel Leblanc, je me braquerais contre le pouvoir judiciaire, dans le but de mieux défier le pouvoir politique.

Mais si j’étais le juge?

Si j’étais juge, je condamnerais Daniel Leblanc. Au nom de ces mêmes valeurs démocratiques…

Au nom d’une saine démocratie, il importe que le pouvoir législatif soit exercé par les parlementaires – des élus – plutôt que par les juges – non élus, et désignés par le pouvoir exécutif – le gouvernement. Dans un État de droit, les juges n’écrivent pas la loi; ils en donnent une interprétation aussi juste que possible, dénuée de toute trace d’arbitraire, fondée sur des règles qui doivent être les mêmes pour tous.

C’est à ce prix, et à ce prix seulement, que prévaudra l’État de droit. Les décisions de nos tribunaux doivent être fondées sur la raison plutôt que sur les caprices ou les préjugés des juges. Elles doivent être fondées sur des règles codifiées – et donc relativement stables, plutôt que sur des principes occultes susceptibles d’être modifiés au gré du vent, selon qu’un visage plait ou déplait, ou à la seule convenance des puissants.

Mais si j’étais juge, il n’y aurait pas de peine d’emprisonnement. Il y aurait condamnation à l’amende minimale, ne serait-ce que pour permettre au Globe and Mail d’assumer le prix du prix Michener et de la reconnaissance qui lui en est résultée…

Si j’étais juge, il serait de mon devoir de faire abstraction de cette répugnance que nous éprouvons tous à l’égard de Polygone, cette entreprise poursuivie pour
35 millions de dollars pour avoir abusé du gouvernement fédéral (qui n’est pas lui-même innocent) et des contribuables dont les impôts ont été détournés au bénéfice des magouilleurs et des fraudeurs. Parmi lesquels certains libéraux bon teint, dans l’antichambre de Ti-Jean de Shawinigan.

Si j’étais juge, il me serait interdit de tenir compte de la connotation criminelle de ces magouilles dans lesquelles Polygone a trempé et dont elle s’est abreuvée. Dans le concept de justice, il n’y a pas de place pour les préjugés, qu’ils soient favorables ou défavorables. C’est le droit, et le droit seul, qui doit inspirer les juges…

Si j’étais juge, et abstraction faite de la noblesse du refus manifesté par Daniel Leblanc et de l’abnégation dont il fait preuve au nom de ses idéaux démocratiques, je me sentirais lié par la loi – ou par l’absence de loi –, et par la jurisprudence des tribunaux supérieurs. Cette règle de la prééminence des tribunaux supérieurs est bien connue des juristes; c’est la règle du stare decisis.

Car il est là, le problème. Le droit invoqué par Polygone est incontestable, alors que le droit au secret professionnel, invoqué par le Globe and Mail et son journaliste Daniel Leblanc, n’existe pas at large. Ce droit n’est reconnu qu’à certains professionnels et aux ministres du culte et, même là, il n’est pas absolu.

Je n’affirme pas ici que le droit au secret professionnel du journaliste n’est pas essentiel, bien au contraire. J’affirme que ce droit n’est pas reconnu par la loi et que, par conséquent, il n’existe pas. Et j’affirme que ce n’est pas aux juges qu’il appartient de lui donner naissance. C’est au législateur qu’il appartient de le faire; lui seul en a le pouvoir. Sinon même le devoir.

Polygone, qui a elle-même changé sa dénomination sociale pour refaire sa virginité, fait face à une poursuite civile devant la Cour supérieure du Québec et, à ce titre, elle est en droit d’invoquer les dispositions pertinentes du Code de procédure civile. Ses procureurs sont en droit d’évaluer, avant procès, la valeur du droit d’action. Ils sont en droit de chercher à démontrer, par tous les moyens légaux, que le recours intenté contre leur cliente est éteint, en raison du délai de prescription de trois ans. Leur démarche n’a rien d’abusif, et elle semble parfaitement légitime, eu égard aux dispositions des articles 397 et suivants du Code de procédure civile, notamment.

Voici comment la Cour suprême du Canada s’est exprimée à cet égard. Là encore, s’opposaient le droit d’une partie au litige de traquer la vérité au moyen de l’interrogatoire d’un témoin, et le refus, par un journaliste, d’identifier sa source – ce que la Cour assimile ici à un privilège :

Notre système judiciaire contradictoire a pour but principal la recherche de la vérité.  Afin que justice soit rendue, le système judiciaire doit pouvoir disposer de toutes les informations pertinentes: voir Pierre Tessier, «La vérité et la justice» (1988), 19 R.G.D. 29, à la p. 32.  C’est là le fondement de l’obligation voulant que tous doivent témoigner devant le tribunal s’ils y sont assignés par subpoena et, en matière civile, de la règle relative à la divulgation de documents au moment de la communication préalable de la preuve.  En conséquence, l’information pertinente est présumée admissible et sujette à divulgation, alors que la reconnaissance d’un privilège est limitée à certaines communications restreintes.  À cet égard, dans Witnesses (1991), le professeur Mewett fait les observations suivantes, à la p. 15‑2:

[traduction]  [D]ans tout témoignage, l’objectif est d’obtenir des éléments d’information susceptibles de permettre de tirer des conclusions.  Il est donc essentiel au débat que le tribunal judiciaire ou autre dispose de toute la preuve pertinente, à moins que d’autres valeurs sociales soient perçues comme étant prioritaires à l’établissement de la vérité.  Toute demande de privilège fait obstacle à la recherche de la vérité étant donné qu’elle a pour effet de dissimuler de l’information qui peut être utile, voire même cruciale.  Aussi ne faut‑il pas s’étonner que les tribunaux examinent attentivement les demandes de privilège et ne les accordent que rarement. [Je souligne.]

Référence: A. (L.L.) c. B. (A.), [1995] 4 R.C.S. 536 (paragraphe 66) http://www.canlii.org/fr/ca/csc/doc/1995/1995canlii52/1995canlii52.html

– – – – – –

Dans un billet qu’il a intitulé Le journaliste, le juge, la source et les poulets, Patrick Lagacé se montrait particulièrement virulent à l’égard de la magistrature, ce en quoi il faisait écho à une série d’articles publiés par son collègue Yves Boisvert. Je cite :

Yves Boisvert continue à décortiquer cette décision bizarre et mal avisée d’un juge qui veut forcer Daniel Leblanc, du Globe and Mail, à révéler l’identité d’une importante source confidentielle dans son enquête qui a débouché sur le scandale des commandites. Oubliez la motivation « politique » d’un juge nommé par le gouvernement libéral, nous dit Yves, une partie de la réponse est ailleurs:

Quel est le problème? Le problème, pour moi, en est un de mentalité. La culture judiciaire dominante n’a pas encore intégré l’idée que la liberté de la presse est inscrite dans la Constitution avec des lettres aussi grosses que les autres droits fondamentaux.

Références :

· http://blogues.cyberpresse.ca/lagace/?p=70722503#comments, billet de Patrick Lagacé, 18 février 2009.

· http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/yves-boisvert/200902/17/01-828377-daniel-leblanc-pourquoi.php, chronique publiée par Yves Boisvert le 17 février 2009

Voir aussi :

· http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/patrick-lagace/200902/19/01-828884-machouette-peut-dormir-tranquille.php, chronique de Patrick Lagacé, 19 février 2009

· http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/yves-boisvert/200902/16/01-827647-la-deconstruction-de-gomery.php, chronique publiée par Yves Boisvert le 16 février 2009

Ce commentaire, cité par son collègue Lagacé, ne fait pas honneur au chroniqueur Yves Boisvert, diplômé de la faculté de droit de l’Université de Montréal. Certes, la liberté de la presse est inscrite dans la Constitution avec des lettres aussi grosses que les autres droits fondamentaux, comme le suggère Boisvert. Mais en inférer que la reconnaissance de la liberté de la presse emporte la reconnaissance du droit au secret professionnel du journaliste, comme il se permet de le faire, c’est indigne d’un juriste de formation.

Parmi les libertés fondamentales garanties par la Charte canadienne des droits et libertés (à laquelle référait Yves Boisvert) se trouve, à l’article 2 (b), la liberté de pensée, de croyance, d’opinion et d’expression, y compris la liberté de la presse et des autres moyens de communication.

Cela dit, dans l’affaire (A. (L.L.) c. B. (A.), déjà citée, la Cour Suprême du Canada a confirmé que le privilège du secret professionnel est une rareté, dans notre droit :

Au Canada, très peu de communications sont reconnues comme privilégiées, que ce soit en common law ou dans la législation. En common law, le secret professionnel de l’avocat de même que le privilège relatif aux indicateurs de police sont pleinement reconnus. Ces privilèges ne sont toutefois pas absolus; ils doivent céder le pas, dans certaines circonstances, au droit de l’accusé de présenter une défense pleine et entière (paragraphe 37).

Pour les autres relations, telles les relations médecin‑patient, pasteur‑pénitent, journaliste‑informateur et les relations entre conjoints, aucun privilège n’existe en l’absence de dispositions législatives (paragraphe 49)

Référence : http://www.canlii.org/fr/ca/csc/doc/1995/1995canlii52/1995canlii52.html

Que faut-il en conclure, sinon que la Cour suprême a refusé de reconnaître, en l’absence d’une disposition législative, que la liberté de la presse, pourtant inscrite en lettres d’or dans la Charte canadienne des droits, a pour corollaire le droit à la confidentialité des communications entre un journaliste et son informateur.

L’article 9 de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec (L.R.Q, chapitre C-12) se lit par ailleurs comme suit :

Chacun a droit au respect du secret professionnel.

Toute personne tenue par la loi au secret professionnel et tout prêtre ou autre ministre du culte ne peuvent, même en justice, divulguer les renseignements confidentiels qui leur ont été révélés en raison de leur état ou profession, à moins qu’ils n’y soient autorisés par celui qui leur a fait ces confidences ou par une disposition expresse de la loi.

Le tribunal doit, d’office, assurer le respect du secret professionnel.

Chacun a droit au respect du secret professionnel… de la part des seules personnes qui y sont tenues par la loi. Le premier paragraphe n’est PAS de portée universelle; ce ne sont pas toutes les oreilles qui reçoivent des secrets professionnels, et ce ne sont pas toutes les bouches qui ont le droit de se taire. C’est ce que précise le second paragraphe : à défaut d’une disposition législative expresse, il n’existe pas, au Québec, de secret professionnel.

Voici ce que le juge Pierre Dalphond écrivait en septembre dernier dans l’affaire de Ma Chouette / Daniel Leblanc:

Reste l’art. 9 de la Charte québécoise.  La Cour a déjà décidé que cette disposition vise essentiellement les informations reçues ou fournies dans le cadre d’une relation entre un professionnel et un bénéficiaire de ses services (Pilorgais c. Desgens, [1987] R.D.J. 341 (C.A.), autorisation d’appeler refusée [1987] 2 R.C.S. ix).  Néanmoins, l’art. 9 peut-il être lu comme s’appliquant, par analogie, aussi à la protection de la source d’un journaliste?  Notre Cour ne me semble pas avoir déjà tranché cette question.  Je note cependant que des jugements de la Cour supérieure ont conclu que l’art. 9 de la Charte québécoise ne s’applique pas aux journalistes car ils ne sont pas considérés comme dépositaire de secrets professionnels (Tremblay c. Hamilton,  (reflex-logo) reflex, [1995] R.J.Q. 2440 (C.S.) (juge Rochette); Sourial c. Southam Press inc., J.E. 96-215 (C.S.) (juge Rayle)). (paragraphe 20 du jugement).

Référence: Globe And Mail (The) c. Canada (Procureur général), 8 septembre 2008, dossier 500-09-018984-088

http://www.canlii.org/fr/qc/qcca/doc/2008/2008qcca1685/2008qcca1685.html

– – – – – –

Il serait faux d’affirmer, par ailleurs, que les tribunaux sont insensibles à l’argument invoqué par Daniel Leblanc et qu’il a résumé à l’occasion de son passage à Tout le monde en parle. Je me permets de citer encore une fois la Cour suprême du Canada :

Selon moi, il ne fait guère de doute également que la collecte de l’information puisse dans beaucoup de cas être gravement entravée si le gouvernement a trop facilement accès aux renseignements qui sont en la possession des médias.  Il me semble aller de soi que la possibilité que son identité soit révélée pourrait dissuader une personne de fournir des renseignements à un journaliste.  Comme le disait le juge Stewart (dissident) dans l’arrêt Zurcher v. Stanford Daily, 436 U.S. 547 (1978), à la p. 572:

[TRADUCTION]  Cela n’exige pas la foi du charbonnier pour comprendre que la personne qui donne des renseignements à un journaliste à la seule condition que son identité ne soit pas révélée sera moins susceptible de donner ces renseignements si elle sait que, malgré la promesse formelle du journaliste, il est possible que son identité soit divulguée. [nos soulignés]

Référence : Société Radio-Canada c. Lessard, [1991] 3 R.C.S. 421 (opinion du juge Laforest)

http://www.canlii.org/fr/ca/csc/doc/1991/1991canlii49/1991canlii49.html

Je laisse à madame la juge Claire l’Heureux-Dubé le soin de conclure cet exposé du droit. L’extrait qui suit est tiré de l’opinion qu’elle a elle-même signée dans cette affaire opposant la SRC à Lessard (référence ci-dessus)

Si importante que soit la protection de la liberté de la presse garantie par la Constitution, elle ne va pas jusqu’à garantir à la presse des privilèges spéciaux dont les citoyens ordinaires, aussi tiers innocents, ne jouiraient pas lors d’une perquisition visant à chercher des éléments de preuve. La loi ne fait pas de telle distinction et la Charte n’y oblige pas. En fait, la presse elle‑même ne réclame pas, en général, de privilèges spéciaux.

Voilà. Devant les tribunaux, la règle, c’est la contraignabilité du témoin à délier sa langue et à dire la vérité, toute la vérité et pas autre chose que la vérité. Le secret professionnel constitue une exception à la règle générale et, comme toutes les exceptions, il ne saurait être invoqué que dans la mesure où il est spécifiquement prévu par la loi. Or, il ne l’est pas. la loi ne reconnaît pas le droit à la confidentialité des communications entre un informateur et un journaliste. Ce n’est donc pas le juge qu’il faudra blâmer, puisque le juge doit suivre le corridor que la loi et la jurisprudence des tribunaux supérieurs lui ont tracée.

Celui qui est à blâmer, c’est le législateur. Dommage que le chroniqueur Yves Boisvert ait préféré s’en prendre au juge De Grandpré, qui sera appelé à rendre une décision.

Papitibi





Un moment historique

17 01 2009

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Guernica est, hélas, toujours d’actualité

29 12 2008
La célèbre toile monumentale de Picasso, «Guernica»

La célèbre toile monumentale de Picasso, «Guernica»

Quand j’étais petite, mon grand-père avait une reproduction d’un arlequin de Picasso dans son salon. Je savais que Picasso était un grand peintre.

Au secondaire, dans mes cours d’arts plastiques, nous avons étudié de manière superficielle différentes époques de la peinture. Nous nous sommes notamment attardés au cubisme.

AJOUT : J’aime tellement cette toile et elle me parle tellement que je me suis payé une reproduction, la plus grande possible,  dans mon salon.

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La haut de la tête que vous voyez, c’est celui de mon fils. Photo prise le 21 décembre 2008.

ÉBAUCHE – À SUIVRE





J’ai invité papitibi

29 12 2008

J’ai invité papitibi à écrire sur mon blogue.

Il a des choses intéressantes et intelligentes à dire, le monsieur.

Et puis, je trouve que c’est un chic type.








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