À venir : critique du livre Le mouvement masculiniste au Québec

11 05 2008

 

Le Mouvement masculiniste au Québec

PAGES 264
PRIX 24,95$
ISBN 978-2-89091-271-7
FORMAT 6X9
DISPONIBILITÉ disponible

La chronique de Mario Roy où il commente le livre est ici.

http://blogues.cyberpresse.ca/edito/?p=117#comment-507

http://www.editions-remuemenage.qc.ca/consulter.php?titre=243

 

Ajout le 13 mai : je viens de recevoir mon exemplaire du livre. À plus tard!




Le dernier tabou?

6 05 2008

http://flickr.com/photos/omnia/233811902/

La bipolarité absolue des sexes est un mythe.

 

Je me lance. J’ai décidé de parler de ces gens dont on ne parle jamais, qu’on fait semblant de ne pas voir, dont on ne mentionne jamais l’existence : les transsexuels, transgenres et intersexués.

Saviez-vous qu’il y a des gens qui simultanément ont une partie, voire la totalité, des caractères sexuels physiques mâles et femelles et/ou simultanément ou périodiquement l’esprit des deux sexes? Ce sont les intersexués. Trop de gens n’en ont jamais entendu parler. Nous n’avons même pas de pronom en français pour les désigner… comme s’ils n’existaient pas. «Néanmoins, on estime qu’au moins un enfant sur 2 000, ce qui fait 5 enfants par jour aux É.-U., est visiblement intersexué à sa naissance, provoquant une prise en charge médicale immédiate. Mais, cela n’est que la pointe de l’iceberg. Beaucoup plus de personnes découvrent qu’ils sont intersexuées à l’adolescence ou même plus tard. » Combien de ces enfants se font charcuter chirurgicalement à la naissance? Pourquoi les parents sont-ils soumis à de telles pressions pour «assigner» un sexe à un enfant dont on ne sait encore presque rien et qui n’a aucune possibilité de s’exprimer? Ces chirurgies hâtives sont d’autant plus regrettables que l’intersexualité est une RÉALITÉ MOUVANTE qui peut encore évoluer après la naisance, notamment à la puberté. Mais «on» préfère faire comme si le genre était nécessairement quelque chose de bipolaire et non un continuum.

Je devine que trop souvent, ils se font regarder comme des bêtes curieuses et poser toutes sortes de questions stupides. Ils ou elles se retrouvent trop souvent à la rue. Trop souvent, ils sont victimes de violences parce que le simple fait qu’ils ou elles existent dérange les caves qui voient la vie en noir et blanc et n’ont pas de place dans leur petite tête pour ce qui est nuancé ou ambigu.

Il y a aussi ces personnes qui ont un corps d’un sexe mais la psyché ou la personnalité de l’autre sexe : les transsexuels et transgenres. On les prend pour des désaxés alors qu’ils/elles essaient simplement d’être eux-mêmes. Certains se contentent de s’habiller selon le sexe qui les habite intérieurement. D’autres subissent de longues et lourdes chirurgies (ce n’est pas une chose qu’on fait à la légère) pour faire coïncider l’extérieur et l’intérieur. Ils/elles ne sont pas nécessairement homosexuel(le)s même si certains ou certaines ont l’air androgynes.

Ces orientations sont comme tout le monde si on accepte les critères arbitraires de la société. Pour les intersexués cette question a encore moins de sens. Nous sommes tellement habitués à cette idée reçue qu’il n’y a que deux sexes que si nous essayons de remettre en question ce dogme nous devons bousculer un grand nombre d’autres principes.
En raison de ces principes, la société n’a pas intérêt à accepter la réalité de l’intersexuation. Depuis des millénaires cette réalité de l’intersexuation est cachée. La société a peur de cette réalité naturelle. En effet cela remet en cause la bi-polarité des sexes sur laquelle est basée la société comme le mariage, l’identification des individus, les orientations sexuelles qui ne se classent que par rapport aux deux sexes officiels. En effet, que peut signifier l’homosexualité, la bisexualité ou l’hétérosexualité pour une personne qui dispose à la fois de caractères morphologiques masculins et féminins?

Pourquoi ne pas simplement apprendre à connaître la personne avant de juger? TOUT LE MONDE A BESOIN D’AMOUR.

Liens d’information et témoignages

(à suivre)




Camarade

4 05 2008

 

 

Je suis née le 6 mai 1956 (cent ans après Freud mdr!!!)

 

J’ai décidé de me faire un cadeau en publiant les paroles de cette chanson qui renvoient à une époque très intense de ma vie, 1972-1974.

 

C’est un joli nom, camarade

C’est un joli nom, tu sais

Qui marie cerise et grenade

Aux cent fleurs du mois de mai

Pendant des années, camarade

Pendant des années, tu sais

Avec ton seul nom comme aubade

Les lèvres s’épanouissaient

Camarade, camarade

 

C’est un nom terrible, camarade

C’est un nom terrible à dire

Quand, le temps d’une mascarade,

Il ne fait plus que frémir

Que venez-vous faire, camarade

Que venez-vous faire ici

Ce fut à cinq heures dans Prague

Que le mois d’août s’obscurcit

Camarade, camarade

 

C’est un joli nom, camarade

C’est un joli nom, tu sais

Dans mon coeur battant la chamade

Pour qu’il revive à jamais

Se marient cerise et grenade

Au cent fleurs du mois de mai 

 

 

C’est au mois de mai, en montant la rivière
C’est au mois de mai que les filles sont belles

Que les filles sont belles ô gai, que les filles sont belles
Et que tous les amants s’échangent leur maîtresse
Mais moi je n’en changerai point, en montant la rivière
Mais moi je n’en changerai point car la mienne est trop belle

Ah comme il serait doux, en montant la rivière
Ah comme il serait doux, d’avoir un baiser d’elle
Mais encore bien plus doux de dormir avec elle
De dormir avec elle, ô gai
De dormir avec elle
Dans un petit logis
Auprès d’une fontaine
Auprès d’une fontaine, ô gai, auprès d’une fontaine
Et où tous les matins la mariée se baigne

 

 

 

 

 

 

Au jardin de mon père
Les lilas sont fleuris
Le rossignol y chante et le jour et la nuit
Auprès de ma blonde
Qu’il fait bon, fait bon fait bon
Auprès de ma blonde qu’il fait bon dormir

 

 

 

 

 

 




Chaque fois…

30 04 2008

 

Chaque fois que :

  • Nous rions de quelqu’un méchamment en le traitant de fif
  • Nous nous taisons lorsqu’un collègue GBLTI* est harcelé, accusé faussement ou ridiculisé
  • Nous laissons nos élèves se moquer d’un autre élève GBLTI ou prétendu tel, sans intervenir
  • Nous disons à nos enfants «il joue comme une moumoune» en parlant d’un athlète dont le rendement est inférieur aux attentes…

NOUS SOMMES COMPLICES DE L’HOMOPHOBIE

L’HOMOPHOBIE : LA HAINE QUI N’OSE PAS DIRE SON NOM




Ce n’est pas facile de me mettre là-dedans

30 04 2008

Billet numéro 101… il n’y a pas de hasard :lol:

Décidément, la Belette est un drôle de numéro. Oui, et j’aime bien ne pas être facile à cerner, à mettre dans une boîte. I also like to think out of the box, si vous voyez ce que je veux dire. Désolée si mon manque d’orthodoxie ne fait pas votre affaire, je m’en contrefiche. Alors si ça vous énarve, ne perdez pas votre temps à me sermonner, ce sera un coup d’épée dans l’eau. J’ai créé ce blogue pour m’exprimer, pas pour adhérer à une ligne de parti quelconque.

  • Suis-je de gauche? Euh… oui, mais pas d’extrême-gauche. Social-démocrate un peu style New Labour. Mais une mauvaise idée reste une mauvaise idée, peu importe qui la propose.
  • Est-ce que je suis en faveur de l’intervention de l’État dans l’économie? Euh… oui et non. Beaucoup ou pas beaucoup? Eh bien moi, les ministères du Plan et les gugusses du genre, ça ne me fait pas tripper plus qu’il faut, notamment parce que ce sont généralement des échecs lamentables. (Vous saviez qu’il y a eu une Commission du Plan en France?)  Les Tricofil, Sidbec, Société nationale de l’amiante et autres éléphants blancs du genre, non plus. La SAQ? Mmmmmm… quand on voit ce que la privatisation a donné en Alberta, ce n’est pas très tentant.
  • L’État doit intervenir quand le libre marché est imparfait, non concurrentiel ou que c’est un service incompatible avec le profit. (Les profits excessifs, ça existe. )
  • Il y a des domaines pour lesquels je ne fais pas confiance au secteur privé. Les hôpitaux? Oh non.
  • Suis-je féministe? Commencez par définir ce que c’est pour vous, une féministe! Je suis pro-choix. je ne suis pas anti-hommes. Pour le reste, voir ici et ici. Ou cliquer à droite sur Droits des femmes pour voir l’ensemble de ma pensée.
  • Je suis contre la peine de mort. Dans TOUS les cas.
  • Je ne suis pas anti-américaine par réflexe. Mais l’impérialisme yankee, comme en Iraq en ce moment, n’est pas ma tasse de thé.
  • J’en ai long à dire contre les néo-cons du genre du Project for a New American Century. Je ne peux blairer Cheney, Bush, Wolfowitz, Condoleeza Rice et tous leurs joyeux compagnons.
  • Je ne suis pas non plus une pacifiste dans tous les cas et peu importe la situation.
  • Je crois au Divin. Je crois que la foi peut être une force positive. Mais les religions organisées, c’est une autre paire de manches.
  • Je ne suis pas anticléricale ou anti-religions. Entre autres, je ne suis pas systématiquement islamophobe.
  • Je ne suis pas antisémite, mais antisioniste, ça oui!
  • Je suis une maniaque des droits de la personne, donc pour les droits de  LGBT et des minorités. Vous me voyez venir….
  • Pour ce qui est de la question nationale (l’indépendance du Québec), et les droits de la minorité anglophone, mon opinion est ici. Je ne suis pas une pure et dure, ça c’est sûr.

 J’ajouterai autre chose si j’y pense.




Je ne comprends pas comment…

30 04 2008

www.touristiquementgay.com )

Note à mes visiteurs et visiteuses : ceci est mon centième billet. Déjà! Je suis contente que ça tombe sur ce sujet, qui me tient à cœur  . Beaucoup.

Je ne comprends pas comment les gens font pour avoir tant de préjugés sur les lesbiennes♀♀, gays♂♂, bisexuels ♀, transgenres et intersexués. Vous trouverez ci-dessous une liste des choses que je ne comprends pas. Sentez-vous libres d’en ajouter d’autres par la voie des commentaires.

Qu’est-ce que je peux bien avoir à dire sur l’homosexualité, moi? Moi en apparence si ordinaire? Ben justement. Les homosexuels, lesbiennes, bisexuels et transgenres sont des gens ordinaires, avec leurs qualités et leurs défauts. Il y a parmi eux des gens qui vivent fidèlement en couple depuis des années, qui ont des enfants et les élèvent de leur mieux, parfois bien mieux que de supposés «couples hétérosexuels» (est-on vraiment un couple si on se chicane sans arrêt?)

Il y en a d’autres qui ne vivent pas en couple, qui écument les discothèques, qui changent de partenaire tous les jours et swignent leur compagnie. Ce comportement n’est pas propre aux LBGT, à propos! On connaît tous quelqu’un qui a l’air d’un personnage de Cruising Bar et qui est hétéro. 

Mes parents ont toujours fait comme si l’homosexualité n’existait pas. Euh… je devrais aussi dire qu’il faisaient comme si plein de choses n’existaient pas : leur propre sexualité, la mienne, le harcèlement et le taxage, les agressions sexuelles…. Je me suis fait agresser sexuellement à 14 ans. Je ne l’ai jamais dit à mes parents. Ce sont mes amis de la polyvalente qui m’ont ramassée à la petite cuiller. Dont Serge et Pierre.

MERCI! Je vous dois une fière chandelle, les gars. Je ne sais pas si c’est parce que vous avez tant souffert pour vous accepter vous-même, pour comprendre, pour apprendre à dealer avec les préjugés, mais les meilleurs conseils que j’ai eus sur l’autre sexe, ce sont deux gays (pas en couple) qui me les ont donnés.

Je pense à vous autres souvent. Je t’ai retrouvé dernièrement, Serge, après 25 ans sans nouvelles. Quand je ne travaillerai pas 16 heures par jour, quand je ne serai pas en train de déménager, je vais aller te voir. Promis.

Je ne comprends pas comment…
  • …on peut trouver drôle d’étiqueter les gens qui diffèrent des autres «tapette», «lesbienne», etc. (que ce soit vrai ou non) et de les harceler, parfois jusqu’à ce qu’ils se suicident. Est-ce que les gens ont besoin de rabaisser qulqu’un d’autre pour se sentir bien?
  • …on peut trouver amusant de tabasser quelqu’un parce qu’il est LGBT? Ma fille a un copain de polyvalente qui est gay (et goth aussi, mais les deux n’ont pas rapport). Il vient ici de temps en temps. À un moment donné, ma fille a entendu une gang de chillers dire qu’ils allaient attendre le garçon à la fin des classes pour le battre. On a prévenu la direction. Ouf! Rien n’est arrivé. Pas cette fois-là en tout cas…
  • …les amateurs de musique rap font pour endurer tout ce sexisme et cette homophobie? Et cette violence?
  • …tant de gens n’ont pas encore compris que la pédophilie et l’homosexualité sont deux choses complètement différentes? Crime (c’est le cas de le dire), il y a des pédophiles hétéros, hommes et femmes!
  • …les gens font pour nous ressortir encore et encore les mêmes arguments dépassés genre «c’est péché», «ce n’est pas naturel» ou «les animaux ne le font pas». Premièrement, selon les recherches les plus récentes, l’orientation sexuelle d’une personne se décide avant la naissance, de manière biologique. Si vraiment Dieu a créé l’homme et l’aime, alors il a créé et aime les LGBT aussi. Comment alors peut-on dire que ce n’est pas naturel? Et il existe des comportements homosexuels chez les animaux (quand les chercheurs ne sont pas trop bornés pour l’admettre!). De toute façon, depuis quand le comportement humain doit-il être guidé par celui des animaux? Les animaux ne parlent pas, entre autres!
  • …l’Église (notamment catholique, qui aime bien se présenter comme la plus meilleure Église)  fait pour condamner l’homosexualité, la pédophilie, la contraception et l’avortement alors qu’il y a des prêtres et des religieuses homosexuels (qui sont obligés de se cacher), des pédophiles (qu’elle cache en les changeant de place et en réglant les dossiers hors cour à coups de millions), des viols et des gens bornés qui refusent d’utiliser le condom? On dirait que de les laisser mourir, ce n’est pas grave…

Ajout : le 1er mai, l’âge du consentement sexuel passe à 16 ans… mais pas pour les relations anales. Les conservateurs ont encore trouvé le moyen de nous en passer une vite par la porte d’en arrière.

(à suivre, je reviendrai écrire quand j’aurai plus de temps)




Journée internationale contre l’homophobie, le 17 mai

29 04 2008

 

 

Je vais participer à la journée internationale contre l’homophobie, le 17 mai, en écrivant un billet sur le sujet.

En attendant, voici un lien vers le site d’Amnistie internationale Orientation sexuelle et identité de genre.

 

 

On s’en reparle le 17 mai!




Ah les maudites féminifascistes (prise 923)… soupir!

28 04 2008

Ce billet a été retravaillé pour corriger des fautes, des liens entre des idées, et préciser certains points.

Aujourd’hui, Marie-Claude Lortie revient sur l’histoire du bonhomme qui a séquestré sa fille dans la cave pendant 24 ans et lui a fait 7 enfants.

Tout de suite, un homme monte aux barricades et dit que c’est un «méfait du patriarcat».

Évidemment, il y a des gens qui ne sont pas d’accord. Et, évidemment aussi, quelqu’un vient fatalement dire «certaines féministes sont connes». Bon. Yé. C’est déjà plus nuancé que «les féministes sont connes». Et je suis d’accord avec lui.

Et puis d’autres arrivent avec d’autres faits divers, où les sexes sont inversés. Désolée, mais un fait divers n’est pas une preuve (le cas de figure peut se présenter; mais ce n’est pas une règle).

Je veux reproduire ici ce que j’ai écrit, et peut-être pousser l’analyse plus loin.

En passant, c’est drôle que ce genre de mise au point soit nécessaire. Moi ça me paraît tellement évident… Mais il y a des gens qui ont été blessés et ils ont tendance à réagir émotivement sur certains sujets. Moi-même, votre hôte, j’ai endommagé mon plafond quelques fois en lisant certains commentaires masculinistes. :oops:

Le masculinisme est une idéologie de droite insidieuse (ouaip, Anarcho-pragmatiste est un tenant du patriarcat, qui est une idéologie de la drette qui pette — un groupe dominant qui veut garder ses privilèges. On essaie de nous faire croire que c’était mieux avant, que les rapports de domination- soumission c’était naturel, que c’était idéal. Or, ces tendances et des rôles ne sont pas naturels. À preuve, dans d’autres cultures, les rapports entre les sexes ne se passent pas comme ça. Ensuite, ça sous-entend que ce qui est «naturel» (les hommes préhistoriques mouraient jeunes; c’était naturel vu leurs conditions de vie!) ou «antique» est forcément bon. Je crois que c’est davantage une argumentation pour justifier de retourner en arrière en prétendant que tous les hommes sont systématiquement lésés, toujours et tout le temps par les progrès de la condition féminine. On veut faire croire qu’il s’agit d’une conspiration systématique.

Les masculinistes voient le pouvoir dans un couple comme une tarte : si l’un en a plus, l’autre en a moins. Où est l’amour là-dedans, qui fait que les gens sont biens ensemble et restent parce qu’ils le veulent? Je crois que les liens les plus solides sont intangibles, invisibles.

Pourquoi cette crainte de perdre son pouvoir, cette hantise de l’exercer à tout prix (littéralement)? J’avais lu que les hommes qui battent leur femme ont un gros complexe d’infériorité : ils croient que s’ils ne sont pas contrôlants, elle ne restera pas. Comme si une femme était un oiseau sauvage qui risque à tout moment de s’envoler! Et les pervers narcissiques, de leur côté, se sentent vides en dedans et, pour se remplir, vident les autres de leur énergie. Ils poussent la cruauté mentale (ert parfois physique) très loin. Comme leur ego est fragile, admettre leurs torts serait la défaite absolue, ils s’écrouleraient. Il leur faut donc avoir le dernier mot… à tout prix.

Si je suis sûre de moi, si j’ai confiance en moi, le fait que l’autre est «habilité» n’est pas menaçant pour moi. Au cotnraire, c’est là qu’on peut vraiment travailler en équipe. Les gens contrôlants obtiennent le contraire de ce qu’ils espèrent. Plus ils essaient, plus l’autre fuit. Ils me font penser à des noyés insécures qui s’accrochent violemment à la moindre brindille.

On retrouve cet acharnement, cette insécurité, dans le harcèlement qui dure de longues années, les meurtres suivis de suicide, les batailles juridiques incessantes, jusqu’à la quérulence. Certains ont tellement manqué d’amour qu’ils ne voient pas qu’ils ont tiout fait pour qu’on ne les aime plus. Impossible d’admettre ses torts. Plutôt mourir que perdre la face.

Il y a aussi des gens mal informés (c.-à-d., souvent, touchés par la propagande masculiniste) qui prétendent que les sexes sont en guerre. Non mais ta*, quand est-ce que les gens vont s’enlever ça de la tête?

OK — on respire. Je ne vais pas aborder aujourd’hui la question des femmes (il y en a, je suppose – mais je n’en connais pas!) qui divorcent et lavent leur conjoint financièrement, voire autrement. Par contre, je vais dire tout de suite que je me refuse à croire que c’est une pratique généralisée. Que c’est ainsi que TOUTES les femmes se comportent. Voyons donc. Pensez-y deux secondes. Si vous croyez ça messieurs, devenez gays!

Nenon, bien sûr, je niaise — comme si on pouvait «devenir gay»! On peut décider d’essayer par curiosité, ou être bisexuel. Mais on ne devient pas gay. Parfois ça ne se manifeste pas tout de suite, mais seulement plus tard. Mais on est conçu gay, d’après moi. Et puis le prochain qui me sort l’argument «les animaux ne le font pas», je lui réponds 1. Ouin? Les animaux ne parlent pas non plus! et 2. C’est tout simplement faux.

Je parle en termes théoriques, éviudement. Mais je signale qu’avec le mariage gay, les anti-femmes auraient le même problème parce que la violence conjugale n’est pas propre à un sexe ou à une orientation sexuelle. Il y a de la violence conjugale dans certains couples gays et lesbiens aussi. Pas facile d’avoir de l’aide quand les gens rient de toi et te traitent de fifi! C’est pire que pour les hétéros, je pense.

La violence conjugale est un sujet qui me touche de près. Ce n’est pas facile d’en parler. Mais je n’accepte pas qu’on mette sur le même pied quelqu’un qui parle bête et quelqu’un qui tue.

Première intervention
«Je ne suis pas sûre que l’histoire relatée dans le lien que Mme Lortie a collé soit un bon exemple de «méfaits du patriarcat». C’est plus un «banal» cas de maladie mentale. (Le deuxième cas en Autriche… ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a pas au Québec.)

M. Laurendeau, si je peux me permettre une observation, si vous voulez donner des exemples de méfaits du patriarcat, je pense qu’il va falloir que vous trouviez autre chose parce que ce n’est vraiment pas un bon exemple. Ça ne fait pas une argumentation très solide.

Perso, en tant que travailleuse autonome et conjointe d’un homme qui me traite très bien, je n’ai pas de problème avec le patriarcat. Ça ne veut pas dire que personne n’en a mais il va falloir une analyse plus rigoureuse que ça. Les règles rigides du patriarcat telles qu’elles étaient dans les années 40 (par exemple) étaient oppressives pour tout le monde, hommes, femmes et enfants, et pas seulement pour les femmes. Bien des fils se sont fait imposer un métier ou une femme par leur père à cette époque. Je crois que ce genre de choses est devenu très rare au Québec en 2008.»

Deuxième intervention
«Je pense que personne n’aime se faire mettre dans le même panier que quelqu’un qui est manifestement fêlé de la cafetière. C’est bien important de faire les nuances qui s’imposent sinon les gens se sentent insultés et ils n’ont pas tort.»

Troisième intervention
«Je suis féministe mon cher. Vous êtes tombé dans mon piège. Non, je blague. Écoutez un peu ceci.

Pour votre info, dire que quelqu’un est féministe, ce n’est pas dire grand-chose parce que chez les auteur(e)s féministes ont trouve de tout et son contraire, depuis celles pour qui il faut nécessairement être lesbienne et qui disent que l’«homme» (uh? c’est quoi ça ce concept fourre-tout?) est un «ennemi de classe» et autre bullshit, jusqu’aux gens comme moi.

Déblatérer sur «les féministes sont comme-ci» ça ne veut rien dire. Point.

Et je pense de temps en temps aux 12 femmes assassinées à Poly. Le gars qui a fait ça était très mal dans sa peau. Mais ça ne rend service à personne d’attribuer ça aux mauvaises causes.

Les gars corrects ont raison de protester quand on les associe automatiquement à ça. Le type qu’un collègue de travail à moi a entendu dire à un autre «Moi ma femme je l’ai domptée» plus un chapelet de conneries du même genre, LUI, il a un peu moins raison de protester.

Il y a des degrés là-dedans : le féminisme, et l’attitude envers les femmes.»

Quatrième intervention
«Je dirais même que l’étiquette «féministe» a été tellement galvaudée qu’elle a été vidée de tout contenu.

Et puis avant de s’énerver au sujet de ce que Mme X ou Mme Y, supposée «grande penseuse féministe», a dit de flyé, il faut voir combien de gens l’écoutent. Ses idées sont-elles reprises? A-t-elle de l’influence? Généralement les extrémistes ne sont lu(e)s que par d’autres extrémistes.

Ce n’est pas parce qu’on voit Mme Unetelle déblatérer à la télé que ce qu’elle dit a du poids. J’ai noté maintes fois que les recherchistes invitent souvent les mêmes faces. Parfois on invite les «vieux de la vieille» par habitude, par respect alors qu’ils/elles sont complètement dépassé(e)s. Si une émission a une cote d’écoute de 30 000 personnes, son influence est très marginale, surtout qu’elle attire probablement des gens déjà convaincus.

Juger de l’importance d’un phénomène social, ce n’est pas quelque chose qui s’improvise.»

Cinquième intervention
«La dame qui a noyé ses 5 enfants (c’est une nouvelle qui date de plusieurs années et c’est un fait divers, pas un comportement courant) faisait un grave dépression post-partum mais elle et son mari étaient dans une secte et on les a dissuadés d’aller voir un psychiatre. Son mari était absent de la maison le jour, il travaillait.

Allez voir en dessous de la surface avant de juger.

Quand 200 000 femmes le feront on pourra parler de tendance.»

 Références

  1. Histoire du masculinisme : http://www.arte.tv/fr/histoire-societe/archives/Quand-des-peres-se-vengent/Le-masculinisme/813720.html
  2. http://www.arte.tv/fr/histoire-societe/archives/Quand-des-peres-se-vengent/Le-masculinisme/813720,CmC=816112.html
  3. http://www.cmaq.net/fr/node.php?id=11815
  4. http://www.swc-cfc.gc.ca/pubs/pubspr/0662882857/index_f.html
  5. http://sisyphe.org/article.php3?id_article=329
  6. http://www.optionsante.com/yd_reactions_reussite_react.php
  7. http://sisyphe.org/article.php3?id_article=531
  8. http://www.breadnroses.ca/forums/viewtopic.php?t=19128
  9. http://www.arte.tv/fr/histoire-societe/archives/Quand-des-peres-se-vengent/Le-masculinisme/813720,CmC=813706.html



Une forme de nationalisme que j’haïs donc!

26 04 2008

http://renartleveille.wordpress.com/2008/04/25/tqs-par-la-dumoncratie-par-ci/

 

Je me suis refusée jusqu’à maintenant  à parler de souveraineté, d’indépendance, de sécession, de séparatisme, etc. Parfois j’ai l’impression que les Québécois n’ont rien d’autre à faire que de jouer avec leur (petit) bobo, alors qu’il se passe des choses bien plus graves ailleurs : hausse des prix des aliments présageant un risque de famines, fonte des glaciers, réchauffement climatique, guerres, génocides, répression… Je trouve ça un peu débile qu’on s’arrache les cheveux sur la dénatalité ici alors qu’ailleurs, les gens meurent de faim! Deux enfants par famille, ça devrait être en masse. Et ceux qui pensent que zéro, c’est mieux, je les comprends.

Ce que je vais écrire va déplaire à bien des gens (petit échantillon des couteaux qui volent bas quand on aborde le sujet). Tant pis, je l’assume. Et oh! – à propos, je suis traductrice, alors je suis forcément au moins bilingue! Même que je bredouille l’espagnol. 

c d

Pierre Trudeau n’aimait pas les nationalistes. Il disait que le nationalisme conduit aux pires dérives. Il disait aussi que le nationalisme (notamment québécois) était une idéologie d’un autre temps. Mais le nationalisme québécois n’a jamais été semblable à celui de Milosevic en Yougoslavie. Ouf!

J’ai détesté Pierre Trudeau à m’en confesser, et je le déteste encore d’ailleurs, tout comme son fils (et je trouve vraiment stupide qu’on vandalise sa tombe). Mais j’ai, aussi, toujours refusé le nationalisme xénophobe, anti-«Anglais», nataliste, refusant d’apprendre une autre langue, etc. Quand j’étais membre du PQ,  je me suis disputée maintes fois avec des nationaleux, leur rappelant que tant René Lévesque que Jacques Parizeau étaient bilingues et que Parizeau a même étudié à la London School of Economics. À propos, j’ai été membre en règle ou sympathisante du PQ, y compris par mon vote, pendant plus de 30 ans (1972-2003).  J’ai même rencontré René Lévesque une fois dans un atelier, au fameux congrès du cégep Ahuntsic. Je n’ai jamais voté libéral, ni au fédéral ni au provincial — à cause de la Crise d’octobre — et ce n’est pas avec les commandites que je vais commencer! Ni avec Dion-Koutouzov-La Clarté!!!

Alors, je trouve vraiment dé-plo-ra-ble l’appel que fait constamment l’ADQ aux plus bas instincts des gens. Il n’y a qu’à voir les pancartes que ce parti a posées dans Pointe-aux-Trembles!

Moi qui suis une «maniaque» des droits de la personne, de la tolérance, etc., quand je vois des affiches de même, le poil me hérisse sur les bras! Pointe-aux-Trembles est mon ancien comté (avant ça s’appelait Lafontaine mais le comté a été redécoupé). Il y a beaucoup de péquistes dans le coin (c’est pour ça que Boisclair s’y était présenté). C’est là qu’on va savoir quelle sorte de nationalistes ils sont. J’ai dompé le PQ parce que j’étais tannée du nationalisme frileux et xénophobe, de l’animosité exagérée envers ceux qu’ils s’obstinent à appeler «les Anglais» (revenez-en câline!), les chicanes de virgules, les couteaux dans le dos dont certains membres étaient friands… ainsi que d’une certaine propension des penseurs du parti à la microgestion de poils de mouche.

En ce moment, mon député au fédéral c’est Maka Kotto (plus pour longtemps, je déménage «chez les Anglais», à Lachine, le 3 mai 2008). Je suis fière que les gens du coin aient eu l’esprit assez ouvert pour l’élire (quoique ça devrait aller de soi si le candidat est compétent). Je comprends que ça semble exagéré quand il parle de lepénisme pour décrire les affiches de l’ADQ — qui le visent peut-être, puisqu’il se présente justement dans Pointe-aux-Trembles Bourget aux partielles. M. Kotto est un immigrant devenu Québécois. J’imagine que certains bornés lui ont fait manger de la m* à la pelle et je comprends pourquoi il réagit comme ça. Je ne trouve pas sa réaction exagérée.

Dumont, lui, est tellement démagogue que c’en est inquiétant. Il est très «pute» aussi : n’importe quoi s’il pense que ça va lui amener des votes! Moi je pousse un soupir de soulagement parce que son parti décline. Je ne veux donc pas revenir à la Grande Noirceur!

À propos, j’imagine que vous savez pourquoi les Italiens et les Grecs arrivés ici avant la loi 101 sont allés à l’école anglaise? Notre bon clergé ne voulait pas d’eux dans nos écoles!

J’aime le Québec, j’y suis très attachée et, pour moi, il passe avant le Canada, qui est «moins» mon pays dans mon cœur, entre autres parce que le ROC ne nous fait des mamours que quand il a peur que nous partions. Je ne partirai jamais d’ici.

Il y a aussi une autre chose qui est très claire pour moi : le multiculturalisme à la «chacun sa troupe de danse» de Trudeau a créé une multitude de ghettos. En tant que critique du multiculturalisme, le livre de Neil Bissoondath Le marché aux illusions. La méprise du multiculturalisme  (essai, Boréal, 1995) est bien intéressant, parce que l’auteur est loin d’être un indépendantiste enragé et qu’en plus il est né ailleurs qu’ici. Ses critiques sont d’autant plus convaincantes.

Je ne peux accepter que les Canadiens francophones soient mis sur le même pied que, mettons, les Ukrainiens. Je n’ai absolument rien contre les Ukrainiens. Ils sont nombreux en Saskatchewan. Même qu’on a déjà parlé de faire de l’ukrainien la deuxième langue officielle de cette province. Ce qu’ils font dans cette province qui a été fondée en 1905, ça les regarde (et ça regarde les Premières Nations, si souvent et commodément oubliées). Mais il n’y a qu’à regarder une carte de l’Amérique du Nord pour voir à quel point l’influence française a été importante ici. Il y a des noms français partout sur la carte. Qu’on ne vienne pas me dire que les francophones ne sont pas un peuple fondateur!

Pour ce qui est de faire l’indépendance, eh bien, voici ce que j’en pense. Quand j’étais ado, j’ai lu le livre de Marcel Chaput, Pourquoi je suis séparatiste. Ça m’a beaucoup influencée, tout comme les cours d’économie de Roland Jouandet-Bernadat aux HEC (1974). Dans les années soixante, la situation des «Canadiens-français» était bien différente de ce qu’elle est aujourd’hui. On faisait dur! Les «Canadiens-français» se classaient onzièmes sur 12 pour les revenus parmi les 12 principaux groupes ethniques au Canada, ne devançant que les Amérindiens. On se souvient aussi de la déclaration choc de Walter Gordon, président du CN. Je cite Dorval Brunelle :

Le 20 novembre 1962 se produit un événement qui relèverait de la petite histoire si ce n’était des conséquences qu’il a eues sur les destinées du Parti libéral. Ce jour-là, en effet, « harcelé de questions par le député créditiste Gilles Grégoire, le président et directeur général des Chemins de fer nationaux (CN), Donald Gordon, déclare à la Commission des chemins de fer des Communes qu’il n’y a, dans le personnel du CN, aucun Canadien français qualifié pour occuper l’un des vingt-huit postes de cadre de cet organisme. Cette déclaration, rapportée par les journaux, produit l’effet d’une bombe dans les milieux québécois. Dans certaines villes, dont Trois-Rivières, Québec et Montréal, Donald Gordon est brûlé en effigie par des étudiants et des partisans de l’indépendance ».

 

La réaction ne se fait pas attendre au Parlement non plus puisque « les députés québécois de toutes allégeances siégeant à Ottawa [...] s’allient au-delà de la politique de parti dans un geste de solidarité [2] » et adoptent la résolution suivante :

 

« Tous les députés présents réclament et exigent une plus juste participation et représentation immédiate des Canadiens de langue française à la direction de la compagnie des chemins de fer nationaux, ainsi qu’à tous les échelons de cette organisation [3]. »

 

Entre-temps, une enquête du journaliste Réal Pelletier du Devoir révélait « que 12,6 pour cent seulement des postes à la haute direction des soixante-dix huit organismes fédéraux sont occupés par des Canadiens français alors que la population canadienne totale compte 30,4 pour cent de francophones [4] ».

 

Prenant conscience de cette minorisation, voire même de cette discrimination exercée à l’endroit des francophones, la Fédération des sociétés Saint-Jean-Baptiste du Québec et la Corporation des instituteurs et institutrices catholiques du Québec réclament une enquête publique [5].

 

C’était en début d’année, onze mois plus tôt, que la suggestion avait été faite une première fois à Diefenbaker de mettre sur pied une Commission royale d’enquête sur le bilinguisme. André Laurendeau, rédacteur en chef du Devoir, avait lancé l’idée dans un éditorial publié le 20 janvier ; il y définissait les objectifs de l’enquête :

 

« 1.   Savoir ce que les Canadiens, d’un océan à l’autre, pensent de la question…

 

2.      Étudier à l’extérieur et de près - en des pays comme la Belgique et la Suisse - la façon dont les sociétés aux prises avec les mêmes questions, les ont résolues.

 

3.      Connaître, toujours de très près, la situation qui est faite aux deux langues dans tous les services fédéraux [6]. »

 

Quelques jours plus tard, le 25 janvier 1962, Gérard Pelletier emboîtait le pas et consacrait un éditorial à fustiger le « no ! » que Diefenbaker avait opposé à la suggestion de son confrère [7].

 

Alors que les événements confirment la pertinence de la revendication des deux éditorialistes, André Laurendeau revient à la charge en décembre et même le « Montreal Star se déclare favorable à une telle enquête, dans un éditorial du 15 décembre [8]  ».

 

« Le 16 décembre, Gilles Grégoire coupe l’herbe sous le pied des Libéraux en réclamant aux Communes une commission royale d’enquête sur le bilinguisme et la participation des Canadiens français au service civil [sic] à tous les niveaux. Et quelques instant plus tard, le chef de l’opposition libérale, Lester B. Pearson, la réclame à son tour [9]. »

 

Au début de l’année 1963, Gilles Grégoire « s’acharne à vaincre l’opposition du leader conservateur ». Ainsi déclare-t-il le 22 janvier :

 

« Je tiens toujours à l’enquête et je suis de l’avis de ceux qui affirment, comme André Laurendeau, que plusieurs des importantes données qui sont nécessaires pour comprendre la question et la nécessité du bilinguisme et du biculturalisme nous font actuellement défaut.

 

Par exemple, comment l’égalité des deux races fondatrices de la Confédération est-elle respectée dans les provinces anglophones du pays ? Quelles sont les revendications des minorités canadiennes-françaises ? Sont-elles satisfaites de leur sort ? Voudraient-elles des améliorations ? Quels sont les changements qu’elles proposent, par exemple, au sujet des droits à l’éducation, etc. ? [10] »

 

Et André Laurendeau de l’appuyer :

 

« Les députés créditistes ont marché à fond et tout de suite ; M. Gilles Grégoire, qui avait suscité l’affaire Gordon, en fait un cheval de bataille. Je ne suis pas Créditiste, mais je serais malhonnête de ne pas le reconnaître : ce sont les Créditistes qui, au Parlement, ont servi de moteur au projet d’une commission royale d’enquête [11]. »

 

De crainte d’être de nouveau dépassé, Pearson emprunte l’idée, lui aussi, et il en fera un des éléments majeurs de la campagne électorale libérale du printemps 1963.



[1]     Cf.Marcel Huguet, op. cit., pp. 202-203.

[2]     Idem.

[3]     Idem.

[4]     Idem.

[5]     Idem.

[6]     Cité par Denis Monière, André Laurendeau et le destin d’un peuple, Montréal, Québec/Amérique, 1983, pp. 278-279.

[7]     Cf. « Sottise et gaucherie en un seul mot : no ! », La Presse, 25 janvier 1962, p. 4.

[8]     Cf. Marcel Huguet, op. cit., p. 204.

[9]     Idem. Ce détail échappe bien sûr à Pearson qui, dans ses mémoires, s’attribue la paternité du projet, Cf. Lester B. Pearson, Mike, tome 3, Toronto, University of Toronto Press, 1975, pp. 66-67. Il est vrai que le chef de l’opposition avait fait un discours « non partisan » sur la question à l’automne 1962, discours dans lequel il avait repris la suggestion de Laurendeau.

[10]   Cf.Marcel Huguet, op. cit., p. 206.

[11]   Idem, p. 208.

 

(Voir aussi les commentaires dans le billet La kalité d’la lang du blogue de Joseph Facal.) Marcel Chaput fonde le RIN avec André d’Allemagne (que j’ai eu comme prof de sciences politiques au cégep Maisonneuve). Le RIN a eu un parcours assez chaotique et a fini par se saborder (en 1968 je crois). C’est ainsi qu’on s’est ramassés au PQ avec des gens très différents dans ce qui devait être une coalition tremporaire : des créditistes (Gilles Grégoire…), des rinistes, des libéraux déçus… Ça explique pourquoi le PQ est si dur à diriger : il y a des visions de l’économie qui vont de la social-démocratie au libéralisme, de même que des visions du projet de société complètement opposées. Moi qui suis social-démocrate, je ne suis plus capable de réprimer mon opposition envers les idées de droite — c’est tellement important pour moi! La justice sociale, les droits de la personne, l’élimination de la pauvreté, du chômage, c’est ce qui prime pour moi. Je suis évidemment en faveur de la préservation et du développement de ma langue maternelle, le français, qui est aussi une de mes langues de travail, la plus importante même : la langue d’arrivée.

Il y a des gens qui veulent (voulaient?) faire l’indépendance avant tout pour des raisons économiques. La situation économique des Québécois en général, en tant qu’individus, est meilleure qu’en 1960. Est-ce suffisant? D’autres veulent la faire pour des raisons idéologiques. Avec Trudeau, Chrétien, Paul Martin, on avait à Ottawa l’arrogance, les politiques one-size-fits-all uniques — pour un pays qui produit son électricité de façon différente d’une province à l’autre, par exemple, ce qui est une aberration! — l’irruption dans les champs de compétence des provinces et le mépris systématique pour les aspirations des Québécois.

Et avec Harper? Mmmmmmm…. oui et non.

Pour ce qui est de l’argument «nous ne contrôlons pas notre économie», aujourd’hui, en 2008, il ne reste plus que 11,5% d’anglophones au Québec. Les Québécois ne sont plus en queue de peloton au point de vue du niveau de vie. Nous contrôlons le gouvernement. Nous contrôlons notre économie. Pour ce qui est des mesures sociales, la loi 101 est appliquée. Les immigrants s’intègrent.  On n’est plus à l’époque décrite par Yvon Deschamps dans ses premiers monologues.

Et les Québécois ont rejeté lors de deux référendums (celui de 1995 a été très serré, et il y a eu de la triche)de se séparer du Canada. L’opinion publique est contre.

Je ne suis plus sûre que la séparation soit nécessaire. Ni qu’elle soit faisable. Allons-nous concentrer toutes nos énergies sur l’indépendance et laisser de côté l’environnement, la justice sociale, l’égalité des chances? L’humanité pourrait disparaître si nous ne faisons rien.

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Je sais très bien qu’il reste encore des rednecks anglophones, tant au Québec que dans le ROC (merci de l’avoir souligné, Internationaliste; je manquais un peu d’essence à la fin de mon billet, alors je suis revenue ajouter des choses dimanche). Mon conjoint anglophone dit que la plupart d’entre eux ont quitté le Québec à partir de 1976. Il dit que des gens comme Howard Galvanov lui faisaient honte. On a néanmoins encore dans le portrait des anti-francophones comme The Suburban, Diane Francis, Jan Wong (je n’ai pas digéré son papier sur Dawson!). Mais faut-il juger tout un groupe d’après quelques têtes chaudes?

Le simple fait que je sois bilingue, que j’aie choisi l’emploi que j’exerce depuis 10 ans et plus et que j’aie un conjoint anglophone (parfaitement bilingue et qui accepte volontiers que je corrige ses fautes de français occasionnelles) fait de moi automatiquement une traîtresse aux yeux de certains. Tant pis. Je ne suis pas capable d’avoir l’esprit fermé, de vivre en vase clos. Les autres cultures m’intéressent. Internet est en grande partie en anglais. Et Amour est vraiment l’homme de ma vie, par la multitude de points communs que nous avons. Je vois un peu les deux côtés de la médaille. Et je trouve ça bien correct d’être une modérée. C’est l’âge? Peut-être, et puis après! Égoïsme de boomer? Quelle accusation facile.

Quel monde est-ce que je veux laisser à mes petits-enfants? Ça s’en vient vite!

On oublie parfois commodément certaines choses chez les nationaleux. Il y avait bien des Patriotes au Haut-Canada aussi, pour la même raison que nous : on les taxait mais ils n’avaient pas le droit de vote. Il y avait un monument à leur gloire à Sault Ste. Marie; mais les rednecks piétineurs de drapeau québécois, qui ont fait adopter un règlement municipal pour que les réunions du conseil municipal soient en anglais seulement, l’ont fait démolir. Il y avait des Irlandais comme le docteur Wolfred Nelson dans nos Patriotes à nous. Soit dit en passant, c’est du nettoyage ethnique avant la lettre et une répression très dure que les Anglais ont fait subir aux Irlandais, qui leur ont résisté bien plus longtemps et de manière bien plus sanglante que nous. (Allez lire sur le soulèvement de Pâques 1916!) La famine de 1847 a fait plus d’un million de morts; c’est plus que les pertes des Patriotes, ça! Les Irlandais ont immigré au Canada et aux USA en masse à cette époque. J’ai du sang anglais et irlandais, à propos… comme bien des Québécois. C’est d’Irlande que viennent nos violoneux et nos sets carrés.

Il y a eu de la discrimination contre les Canadiens-Français mais je crois qu’elle est en régression. Même la région de Niagara Falls, il n’y a pas si longtemps un coin orangiste (le pendant de l’Ordre de Jacques-Cartier) et anti-francophone, a découvert que ses francophones sont une richesse! Et que les touristes québécois vont venir si on les accueille en français.

Ça m’horripile quand on déblatère contre les «Anglais». C’est un refus de voir que la dynamique a changé. Crime, on n’est plus en 1759, ni à l’époque de Walter Gordon du CN! Les Québécois anglophones ont bien changé depuis 1976, beaucoup sont parfaitement bilingues. Les pires rednecks sont partis (ils faisaient suer même les autres anglophones, à propos). Beaucoup de jeunes anglophones instruits s’expatrient, c’est une perte pour le Québec. Saviez-vous qu’on peut faire certains travaux en français à McGill? Moi j’y ai suivi quelques cours; il y a pas mal de francophones.

Les anglophones ne sont pas toujours indépendantistes. Quoi, vous ne saviez pas qu’il y a des anglophones souverainistes? Vous avez oublié David Payne? Robin Philpot? Je sais que M. Philpot joue sur les mots pour le Rwanda, et ça me met mal à l’aise, mais n’empêche qu’il est souverainiste. Mais au moins on peut parler calmement avec eux, dans le respect. Ça me suffit.

Je suis fermement convaincue que les Québécois d’expression anglaise sont des Québécois et que ce n’est pas en ayant des préjugés envers un autre groupe linguistique que nous allons promouvoir les rapports harmonieux! Les termes qu’on emploie pour désigner les gens ne sont pas anodins et le fait d’appeler les Québécois d’expression anglaise «les Anglais» indique, à mon avis, qu’on les rejette — et qu’on vit dans le passé. Les Québécois sont-ils conscients qu’ils sont des métis? Que le système parlementaire inspiré de celui des Britanniques est l’un des plus efficaces et qui protège le mieux les droits fondamentaux (je ne dis pas qu’il est parfait)?

Et si mon nationalisme ressemble plus à celui d’André Boisclair qu’à celui de Raymond Villeneuve, eh ben, tough luck! Je ne m’excuse pas du tout. Et s’il y a une chose que je déteste, ce sont les racistes et les gens bornés — ou homophobes.




Pourquoi j’ai choisi d’agir à ma façon pour préserver l’environnement

24 04 2008

http://www.aqpere.qc.ca/bulletin/intere-220606.htm

Ce matin, Patrick Lagacé aborde la problématique des petits gestes que les citoyens peuvent faire pour préserver l’environnement. Beaucoup de gens disent que ce ne sont pas les particuliers, mais bien les entreprises, qui polluent le plus et que le comportement d’une seule personne ne change rien.

Ils oublient l’aspect cumulatif. Exemple : des scientifiques ont mesuré de fortes concentrations d’hormones féminines dans les cours d’eau en Italie et en Grande-Bretagne. Ces hormones proviennent de l’estrogène et de la progestérone qui sont libérées dans l’urine des femmes qui prennent la pilule. Les usines de filtration ne sont pas conçues pour éliminer ce genre de substances. Et après on se demande pourquoi nous avons des poissons à deux têtes et pourquoi la fertilité des hommes diminue… Je ne dis pas qu’il faut nécessairement cesser de prendre la pilule. Je dis simplement que ça démontre qu’un petit geste répété des centaines de milliers de fois a un impact.

Regardez la réduction du nombre de sacs en plastique utilisés dans les magasins. C’est un geste facile et «sans douleur», qui est même rentable pour les commerçants (je ne vois rien de honteux dans le fait que c’est rentable à cause de l’espace d’entrepôt et des coûts réduits). Alors? Eh bien, les gens embarquent. Ça ne règlera pas tout, mais ça aide.

 Quand je ne fais rien, je sers d’excuse aux autres pour ne rien faire non plus.

Je sais très bien que je suis qu’un grain de sable dans l’univers. Que même si la race humaine disparaissait, la planète serait encore là. Mais je le fais parce que c’est important pour moi, pour mon sens moral, pour pouvoir me regarder dans le miroir sans rougir, de FAIRE CE QUE JE PRÊCHE. En toute modestie. C’est mon dharma (devoir), ni plus ni moins en tant que personne respectueuse de ce qui m’entoure et reconnaissante du don gratuit de la vie.

Quand j’étais ado, une des critiques les plus cinglantes que je faisais à mes parents était «Vous êtes des hypocrites», en ce sens qu’ils ne faisaient pas, ou pas au complet, ce qu’ils prônaient. Évidemment, je n’étais pas consciente à l’époque que la perfection n’est pas de ce monde, que certaines choses souhaitables sont difficiles à réaliser. C’est facile d’être sévère quand on est jeune, parce qu’on n’a ni expérience ni responsabilités (en tout cas, moins qu’un parent).

On entend souvent les parents parler de l’importance de transmettre de bonnes valeurs à leurs enfants. Je suis parent maintenant. C’est le temps de passer aux actes.




Lettre d’amour à Montreal’s Finest

23 04 2008

Le SPVM a le cœur tendre.

Si j’en crois ce que rapporte le journal La Presse aujourd’hui, les policiers avaient décidé de ne pas se servir de leurs matraques lundi. Michèle Ouimet donne dans sa chronique une image «festive» et, disons-le, carrément inquiétante de la stratégie (?) adoptée par les Montreal’s Finest devant les actes de vandalisme et les vols auxquels la victoire du Canadien contre les Bruins a servi de prétexte.

Je cite, c’est impayable comme vacuité (même si les actes de vandalisme ont coûté au bas mot 500 000 $ au SPVM et une petite fortune aux pauvres commerçants)!

Hier matin, le directeur de la police de Montréal, Yvan Delorme, a convoqué les médias. Il était flanqué de son assistant à la direction des opérations, Pierre-Paul Pichette, et d’un politicien, Claude Dauphin, responsable de la sécurité publique à Montréal. 
 
 Yvan Delorme a tenu à féliciter les policiers - on se demande pourquoi - et le Canadien. Même empressement de M. Dauphin, qui s’est précipité au micro pour dire tout le bien qu’il pense des valeureux joueurs de hockey tout en ajoutant: «On est tous des partisans du Canadien.»Merci de parler en mon nom et en celui de tous ceux que le hockey ennuie, sans oublier les fans des Bruins.
Voyez le portrait: une police et un responsable de la sécurité publique béats devant le Canadien.
M. Delorme a précisé que les policiers n’étaient pas là pour empêcher les Montréalais de fêter, mais pour «accompagner les partisans».
«Je ne veux pas suspendre les droits et libertés des citoyens», a-t-il ajouté.
Empêcher des voyous de mettre le feu à des autos de police ou de saccager des commerces n’enfreint en rien les droits des citoyens. Au contraire. La police est devenue tellement politically correct qu’elle n’ose plus brandir une matraque. Imaginez le scandale s’il fallait qu’un badaud filme un policier pendant qu’il s’active sur un manifestant et que les images fassent le tour du monde sur YouTube.
Personne ne veut retourner à l’époque du samedi de la matraque, où les policiers frappaient sur tout ce qui bougeait. C’est une évidence. Sauf qu’aujourd’hui, la police est tombée dans l’autre extrême. Elle n’ose plus être une police. Elle n’en a que pour la sociologie et la psychologie.
«Votre approche n’est-elle pas trop conviviale?» a demandé un journaliste.

 

M. Delorme a eu cette réponse renversante: «Non, on était sur un mode festif.» Bref, il ne fallait surtout pas casser le party ou ternir la victoire du Canadien vénéré par MM. Delorme et Dauphin.

 

Pendant que la police se branchait sur la festivité, des voyous abîmaient ou mettaient le feu à 16 voitures et fracassaient les vitrines d’une dizaine de commerces.

«Je suis déçu, a jouté M. Delorme. Nous devons protéger les citoyens de Montréal, pas les arrêter.»

J’en étais comme deux ronds de flan.

Et M. Pichette, le responsable des opérations, en a rajouté. Lui aussi, était déçu. «On a fait du chemin depuis 1993 (année où des partisans du Canadien ont foutu le bordel au centre-ville). Je pensais que la société, aussi, avait évolué.»

Est-ce son analyse sociologique maison qui l’a amené à ne pas envoyer suffisamment de renforts au centre-ville?

M. Delorme a refusé de dire combien de policiers avaient été envoyés sur le terrain. Pour des raisons stratégiques et pour éviter de compromettre des opérations futures.

J’avais l’impression de me retrouver en Afghanistan devant l’armée qui refusait de nous donner des informations, car elles risquaient de mettre la vie de soldats en danger. Mais Montréal n’est pas Kandahar. Le silence de M. Delorme sert davantage à masquer le vide et l’incompétence de la police qu’à protéger une hypothétique stratégie.

«Nous avions un plan», a-t-il dit. Ah oui? Où ça? Quel plan?
 

 Bien entendu, M. Je-sens-le-vent Dumont appelle à davantage de répression.

Moi je pense que ça ne prend pas DAVANTAGE de répression, mais une répression MIEUX CIBLÉE, plus EFFICACE, des policiers plus nombreux et plus visibles et une intervention RAPIDE s’il y a du grabuge.

Je n’ai rien contre les policiers sociologues, psychologues, etc. C’est parfois très utile, et ça les humanise. Mais là, il semble qu’on est devant des casseurs organisés (sauf quand ils volent seulement le pied droit des espadrilles!).

Serait-ce nos «anarchos» d’il y a un mois ou deux? Il faut y voir clair.

Je n’en attends pas moins de vous, messieurs-dames de la police.

J’espère aussi que vous ne céderez pas aux pressions des démagogues à grande gueule qui veulent nous ramener vers le samedi de la matraque. C’est vous les spécialistes, au SPVM. Tirez les conclusions qui s’imposent de ce qui est arrivé lundi et corrigez votre stratégie.

Oh, et puis, laissez donc les bagnoles au poste (ou sous bonne garde) la prochaine fois. Ça commence à faire cher…




L’injection létale n’est pas un châtiment cruel et inhabituel, dixit la Cour suprême des États-Unis

21 04 2008

Florida Department of Corrections

Source : Florida Department of Corrections

Je fais référence à cet article de Pierre R. Chantelois, sur CentPapiers.

Ça me dépasse. Je ne comprends pas. Comment peut-on regarder quelqu’un dans les yeux, puis le tuer? Les criminels le font. Les bourreaux le font aussi, au nom de l’État.

Je vais faire un long détour et puis je reviendrai à la peine de mort. Avant, j’aimerais évoquer ou rappeler certaines choses.

Je sais que des criminels tuent de sang-froid. On étudie l’âme criminelle depuis bien longtemps. Certains meurtriers ont forme humaine, mais c’est à peu près tout ce qu’ils ont d’humain. Ils ont diverses pathologies psychiatriques. Les plus fascinants sont des êtres redoutablement intelligents mais qui n’éprouvent aucune empathie pour autrui. Pour eux, seule compte la satisfaction de leurs bas instincts, de leurs besoins étranges et incompréhensibles, de leurs pulsions irrépressibles. Ce sont les sociopathes narcissiques. Le reste de l’humanité est pour eux des vers de terre inférieurs qu’ils utilisent sans scrupules à leurs fins. Ils y prennent même plaisir.

La plupart des gens reculent d’horreur devant les Hannibal Lecter de ce monde. Nous souhaitons qu’ils soient mis hors d’état de nuire de manière permanente. Nous avons peur quand ils rôdent dans notre collectivité. Nous lisons avec horreur les faits divers dans le journal. Les meurtriers en série sont responsables d’une infime partie des crimes violents, mais ce sont les plus spectaculaires, les plus médiatisés. Ils semblent se jouer de la police et la narguer, lui échapper pendant des mois, voire des années. L’Unabomber est resté impuni des années durant. Ce genre de criminel est une matière première rêvée pour les romanciers.

Il y a aussi les tireurs fous. Nous en avons eu un exemplaire tristement célèbre, Marc Lépine à Poly. Je dois dire honnêtement que je n’oublierai jamais cette journée. J’ai fréquenté deux étudiants de Poly, un pendant trois ans; j’ai épousé l’autre. J’ai mangé plus d’une fois à la cafétéria de Poly, assise sur une des chaises de plastique jaune. Je me suis promenée dans ces corridors pour aller attendre mon copain à la fin de son cours. J’ai passé en tout 14 ans à l’Université de Montréal. Si Gharbi-Lépine avait agi une autre année que 1989, j’aurais pu y passer. Un de mes anciens collègues de travail l’a eu dans sa classe au cégep.

Je suis allée présenter mes respects aux 14 cercueils roses. La file d’attente s’étirait sur des kilomètres. Mes yeux se remplissent de larmes chaque fois que j’y pense. Un père de famille, aussi policier, est tombé sans aucune préparation sur sa fille morte. Ah mon Dieu, quelle horreur…

Je suis parent. J’ai un fils de 22 ans (demain, 20 avril) et une fille de 16 ans. Je sais ce que c’est de trembler pour ses enfants (mais pas autant que les parents des étudiants de Dawson). Il y a eu quelques bouttes rough. Je sais comment on se sent quand notre enfant se fait interpeller par la police (Dieu merci, rien de grave mais j’étais quand même en furie et je l’ai dit).

Ce n’est pas vrai que les parents sont toujours coupables si quelqu’un tourne mal. Les gens ont eu des propos très durs pour les parents de Kimveer Gill. C’est injuste. Sa mère était alors en chimiothérapie. Le grand six pieds goth se cachait dans sa chambre pour broyer du noir, il ne prenait pas ses médicaments, il faisait son poker face… comme les deux de Columbine. C’est tellement facile, tellement tentant, de blâmer les parents. Il y a des comportements, des pathologies contre lesquels les parents sont démunis.

Quand quelqu’un se rend coupable de meurtre, l’homme de la rue (expression figée, il y a des femmes aussi) règle ça vite. «Ils ne méritent pas de vivre. Débarrassez-nous-en. Et cela fera moins de bouches à nourrir pour l’État. ce sont des animaux.»

Justement. Ce ne sont pas des animaux. Et cette attitude sent trop la vengeance à mon goût.

J’ai plusieurs arguments contre la peine de mort. En voici quelques-uns :

  1. Il est faux de prétendre que la peine de mort fait économiser de l’argent à l’État;
  2. Il y a trop d’erreurs judiciaires. Et, bien entendu, une fois le prisonnier exécuté, l’erreur est irréparable. Pire encore : parfois ce ne sont pas des erreurs mais bien de la paresse, de l’incompétence (de la part de la police, du juge, des avocats…), un biais idéologique ou raciste qui envoient quelqu’un dans death row;
  3. Pour moi, la peine de mort équivaut à s’abaisser